Mais par où commencer? Un point de départ possible consisterait à se tourner vers des secteurs professionnels où les employés à 100% ont toujours été rares. Prenons l’exemple des professionnels du film. Je me souviens encore des problèmes que posait l’introduction de la LPP obligatoire aux productions cinématographiques dans les années 90, lorsque je travaillais comme conseiller en prévoyance. Les producteurs de films s’efforçaient d’organiser les engagements des acteurs ou des techniciens de manière à ce qu’ils n’atteignent tout simplement pas le seuil d’entrée dans le 2e pilier. De son côté, le Syndicat suisse film et vidéo (www.ssfv.ch), en tant qu’association du personnel, s’est efforcé de trouver des solutions pour que les professionnels du monde du cinéma ne tombent pas entre deux chaises dans le 2e pilier. La lutte menée pendant des années par les partenaires sociaux a finalement abouti à une solution consensuelle, non seulement dans le secteur du cinéma, mais aussi pour tous les créateurs culturels : l’art. 9 de la loi sur l’encouragement de la culture stipule que la Confédération doit verser un pourcentage de ses aides financières à la caisse de pensions ou à  une autre forme de prévoyance des personnes à assurer.
Le pourcentage de la contribution d’encouragement à verser à la caisse de pensions est fixé par le Conseil fédéral. Conformément à l’art. 2a al. 3 de l’ordonnance sur l’encouragement de la culture, ce pourcentage s’élève aujourd’hui à 12% de la prestation de travail subventionnée. Aujourd’hui déjà , cela permet d’assurer le minimum obligatoire LPP des créateurs culturels. Si vous souhaitez savoir comment ce taux uniforme pour tous les âges et sans définition de seuil d’entrée ou de déduction de coordination permet de répliquer la LPP actuelle, n’hésitez pas à regarder l’exemple de la Fondation de prévoyance film et audiovision (www.vfa-fpa.ch).
Pour faire court: avec 6 pour cent du salaire AVS pour les employés et 6 pour cent pour les employeurs, un seuil d’entrée analogue à celui de l’AVS, mais sans déduction de coordination ni échelonnement des cotisations d’épargne, on ferait d’une pierre tous les coups et surtout, les non-spécialistes des caisses de pensions pourraient à nouveau comprendre le 2e pilier.
6 et 6 pour cent de salaire AVS égal une réforme de la LPP?