Motions, postulats et initiatives parlementaires
Les principales interventions parlementaires, résumées par Michael Lauener, ASIP
Continuez à lireUne disposition légale peu connue a pour conséquence que les versements effectués dans le pilier 3a avant l'âge de 25 ans compliquent les rachats ultérieurs dans la caisse de pension. Le Conseil des États n'a pas souhaité modifier cette situation.
Le conseiller aux Ătats vaudois du PLR, Pascal Broulis, souhaitait, par le biais de sa motion 24.4330, amĂ©liorer la prĂ©voyance professionnelle des jeunes salariĂ©s. En vain. La motion a Ă©tĂ© rejetĂ©e lors de la derniĂšre session dâĂ©tĂ© du Conseil des Ătats par 31 voix contre 6 et 4 abstentions.
Câest un problĂšme que peu de gens connaissent et qui ne concerne que peu de personnes. Il vaut nĂ©anmoins la peine dâexaminer de plus prĂšs cette faille du systĂšme âmĂȘme si la question est pour lâinstant Ă©cartĂ©e.
«Je dois dire», a expliquĂ© Erich Ettlin, porte-parole de la commission, au Conseil des Ătats: «Jâai dĂ» lire le texte deux fois, il est relativement compliquĂ© â non pas parce quâil est rĂ©digĂ© en français Ă lâorigine, mais parce quâil est trĂšs, trĂšs technique.»
Cet article nâest pas seulement technique, il est Ă©galement superflu. Broulis souhaitait modifier lâarticle 60a, alinĂ©a 2, de lâOPP 2. Sa formulation Ă elle seule est une aberration et mĂ©rite donc dâĂȘtre prĂ©sentĂ©e ici dans un encadrĂ©. En substance, il sâagit du fait que les versements effectuĂ©s dans le pilier 3a avant lâĂąge de 25 ans limitent les possibilitĂ©s ultĂ©rieures de rachat dans le pilier 2.
Voici comment cela fonctionne: lâassurance LPP nâest obligatoire quâĂ partir de 25 ans. Cependant, il est possible dâeffectuer des versements dans le pilier 3a liĂ© dĂšs lâĂąge de 18 ans et de les dĂ©duire du revenu imposable. Si, par la suite, une personne effectue des rachats dans sa caisse de retraite Ă la suite dâune promotion professionnelle et dâune augmentation de salaire, ceux-ci ne sont possibles que de maniĂšre limitĂ©e si des versements ont Ă©tĂ© effectuĂ©s dans le pilier 3a avant lâĂąge de 25 ans. Le montant maximal du rachat est rĂ©duit Ă hauteur de lâavoir du pilier 3a accumulĂ© aprĂšs lâĂąge de 24 ans rĂ©volus.
Cette disposition sâapplique en rĂ©alitĂ© aux indĂ©pendants. Le lĂ©gislateur a voulu empĂȘcher que les indĂ©pendants disposant dâun patrimoine 3a consĂ©quent puissent, par la suite, effectuer des rachats supplĂ©mentaires Ă grande Ă©chelle dans le 2e pilier sâils se font embaucher et deviennent ainsi assurĂ©s Ă titre obligatoire.
La question de savoir si cette surrĂ©glementation est justifiĂ©e pour les indĂ©pendants reste ouverte. Elle est en tout cas clairement contre-productive pour les salariĂ©s qui ont, dĂšs leur plus jeune Ăąge, fait preuve dâun esprit de prĂ©voyance exemplaire.
Lâargument avancĂ© par la conseillĂšre fĂ©dĂ©rale Elisabeth Baume-Schneider, selon lequel moins de 5% des moins de 24 ans cotisent au pilier 3a, nâest donc guĂšre convaincant.
Lâironie de lâhistoire : chers moins de 24 ans, oubliez le pilier 3a. Vous nâen subirez que les consĂ©quences plus tard.
Une autre motion qui figurait Ă lâordre du jour de la session dâĂ©tĂ© est Ă©galement tombĂ©e Ă lâeau : la motion 24.3920 de Mathilde Crevoisier Crelier visant Ă prendre en compte le travail de soins Ă©galement dans le 2e pilier. La conseillĂšre aux Ătats PS du canton du Jura souhaitait introduire dans la LPP des bonifications de soins liĂ©es au revenu. Elles devaient ĂȘtre plus Ă©levĂ©es pour les faibles revenus et diminuer proportionnellement Ă lâaugmentation du revenu. Elles devaient ĂȘtre financĂ©es par le fonds de garantie.
Mathilde Crevoisier Crelier a retirĂ© sa motion avant le dĂ©bat â non sans saisir lâoccasion de faire des «constats dramatiques». Selon elle, lâĂ©cart de revenu entre les femmes et les hommes, aprĂšs une seule carriĂšre professionnelle, sâĂ©lĂšve en moyenne Ă 16%. En revanche, pour les rentes de vieillesse, cet Ă©cart atteint 31%.
«Cet Ă©cart de revenu est entiĂšrement imputable Ă la prĂ©voyance professionnelle», a dĂ©clarĂ© la Jurassienne. Au niveau de lâAVS, la diffĂ©rence entre les femmes et les hommes est pratiquement nulle. Elle a retirĂ© cette motion au profit des autres projets de rĂ©forme â dans lâespoir que la prochaine rĂ©forme contribue effectivement Ă rĂ©duire lâĂ©cart entre les hommes et les femmes dans la prĂ©voyance professionnelle.
Comme indiquĂ©, la Berne fĂ©dĂ©rale sâefforce dâencourager la poursuite volontaire de lâactivitĂ© professionnelle aprĂšs avoir atteint lâĂąge ordinaire de la retraite. Cela nous amĂšne Ă la motion 25.3424, dĂ©posĂ©e en avril 2025 par la commission consultative du Conseil des Ătats. Les personnes qui travaillent au-delĂ de lâĂąge ordinaire de la retraite devraient ĂȘtre rĂ©compensĂ©es par des majorations plus Ă©levĂ©es. Celles qui prennent leur retraite avant lâĂąge de lâAVS devraient, en fonction du nombre dâannĂ©es dâactivitĂ©, accepter un taux de rĂ©duction plus Ă©levĂ©.
Ă peine dĂ©posĂ©e, la motion a Ă©tĂ© adoptĂ©e Ă lâunanimitĂ© par le Conseil des Ătats il y a un an. Cela nâa toutefois pas empĂȘchĂ© le Conseil national de modifier le projet lors de la session dâhiver. Lâobjectif est restĂ© le mĂȘme, mais câest sur la maniĂšre dây parvenir quâil a créé une divergence: la motion devait ĂȘtre mise en Ćuvre indĂ©pendamment de la rĂ©forme de lâAVS 2030.
Le Conseil des Ătats estime quant Ă lui que ce nâest pas une bonne idĂ©e. Lors de la session de printemps 2026, Damian MĂŒller, conseiller aux Ătats du PLR, a dĂ©clarĂ©: «Oui, nous voulons rapidement de meilleures incitations et nous voulons encourager la poursuite de lâactivitĂ© professionnelle. Mais nous ne voulons pas imposer au Conseil fĂ©dĂ©ral dâagir impĂ©rativement en dehors du cadre de la rĂ©forme de lâAVS 2030.» Le Conseil des Ătats sâen est donc tenu Ă sa version.
En consĂ©quence, le Conseil national a dĂ» dĂ©battre Ă nouveau de cette question lors de la derniĂšre session dâĂ©tĂ©, mais il a cette fois suivi le Conseil des Ătats et optĂ© pour la version initiale. On aurait pu gagner du temps si le Conseil national avait suivi la proposition du Conseil des Ătats dĂšs la session dâhiver. Mais le temps ne semble pas jouer de rĂŽle dans ce dossier: 15 ans se sont Ă©coulĂ©s depuis que Johann Schneider-Ammann, alors conseiller fĂ©dĂ©ral PLR, a lancĂ© lâinitiative sur la main-dâĆuvre qualifiĂ©e lors du Swiss Economic Forum 2011 Ă Interlaken.
Quoi quâil en soit, ce sujet cadrait bien avec le climat qui rĂ©gnait aprĂšs le rejet de lâinitiative «Suisse Ă 10 millions» de lâUDC. Certains estiment que des mesures incitatives visant Ă encourager la poursuite de lâactivitĂ© professionnelle permettraient dâattĂ©nuer la pĂ©nurie de main-dâĆuvre qualifiĂ©e.
Mais une fois ces mesures mises en place, y aura-t-il encore quelquâun pour parler de pĂ©nurie de main-dâĆuvre qualifiĂ©e ? «Ce que lâintelligence artificielle nous rĂ©serve sera dramatique», a dĂ©clarĂ© Ruedi Noser dans une interview accordĂ©e Ă la SonntagsZeitung. Lâaugmentation de la productivitĂ© grĂące Ă lâIA serait indĂ©niable. Ce Zurichois Ă lâaccent de Glaris a siĂ©gĂ© au Parlement fĂ©dĂ©ral de 2003 Ă 2023. Cet entrepreneur du secteur informatique a Ă©galement dĂ©clarĂ© dans lâinterview: «Il se peut trĂšs bien quâaujourdâhui, avec nos 700 collaborateurs, nous soyons plus performants quâil y a dix ans avec 1000 ou 1200 personnes.»
Le montant maximal de la somme de rachat est rĂ©duit dâun avoir dans le pilier 3a, dans la mesure oĂč la somme capitalisĂ©e des cotisations annuelles dĂ©ductibles du revenu au titre de lâarticle 7, alinĂ©a 1, lettre a, de lâordonnance du 13 novembre 1985ÂČÂČâ” sur la dĂ©ductibilitĂ© fiscale des cotisations versĂ©es Ă des formes de prĂ©voyance reconnues dĂ©passe, Ă partir de lâĂąge de 24 ans rĂ©volus, le montant maximal des cotisations dĂ©ductibles. Pour le calcul des intĂ©rĂȘts, on applique les taux dâintĂ©rĂȘt minimaux LPP en vigueur.
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