On ne regarde jamais l’iceberg actuariel droit devant
Michèle Mottu Stella explique pourquoi Mary Poppins est un idéal pour toute experte en prévoyance.
Continuez à lireLa réforme de la LPP, qui sera soumise au peuple le 22 septembre, a été discutée en marge de l’assemblée générale de l’association Innovation Deuxième Pilier (IZS). Hermann Walser a plaidé pour le «oui», Reto Leibundgut pour le «non». D’autres voix se sont également fait entendre.
En préambule du débat avec Hermann Walser, Reto Leibundgut s’est lancé dans une analyse approfondie des éléments fondamentaux de la réforme et a également évalué les avantages et inconvénients des différentes mesures prévues (voir encadré). La répartition du temps de parole entre les protagonistes a donc été quelque peu inégale.
Dans son analyse, Reto Leibundgut a également abordé les exigences à l’égard d’une réforme de la LPP. Il a cité cinq objectifs à l’aune desquels la réforme devrait être évaluée: la révision doit réduire la redistribution, maintenir l’objectif de prestations pour les assurés, abaisser la déduction de coordination, offrir une compensation adéquate et pouvoir être financée.
Soucieux de vérifier les faits, il a réfuté trois mythes contre lesquels il convient de lutter avec force. Premièrement, il est faux de dire que les rentes du 2e pilier baissent, selon lui. Dès lors que les retraits en capital seront pris en compte dans la statistique des nouvelles rentes, il n’y aura pas de diminution des rentes. Deuxièmement, la redistribution dans le 2e pilier n’est pas jugulée. Il y a toujours une redistribution indésirable qui transparaît dans des pertes sur les retraites. Le troisième mythe est celui de la hausse des taux d’intérêt qui rendrait la réforme inutile. C’est faux, selon Reto Leibundgut, car l’écart entre les rendements cibles et les garanties de prestations reste considérable.
Reto Leibundgut a ensuite procédé à une évaluation du paquet de mesures, sans cacher qu’il considère la réforme comme complètement ratée. Il se montre particulièrement critique à l’égard des effets concrets et groupés de la réforme, qui vont parfois dans des directions opposées. Certes, le seuil d’entrée diminue et cela est souhaité. En parallèle, les cotisations d’épargne pour les bas salaires et les nouveaux assurés sont jusqu’à 8 fois plus élevées qu’auparavant, ce qui pourrait rendre le seuil d’entrée d'autant plus dissuasif. Les employeurs qui ont jusqu’à présent veillé à rester en dessous du seuil continueraient à le faire dans le futur.
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Reto Leibundgut s’est surtout déclaré opposé à la compensation et au mécanisme de financement compensatoire, qui serait beaucoup trop onéreux. Selon lui, 80 à 90% des personnes ne sont pas concernées par la réforme et n’ont donc pas besoin de compensation, car leurs prestations surobligatoires sont suffisantes. Il estime en revanche à 1.3 mia de francs les coûts supplémentaires annuels, qui s’étendraient sur des années. Enfin, Reto Leibundgut a déclaré que le 2e pilier pourrait continuer à exister, même sans cette réforme.
Hermann Walser s’est attaché à la question de savoir si, après l’échec de deux réformes de la LPP et des décennies de blocage, on pouvait se permettre d’échouer à nouveau. Il a également admis avoir du mal à se forger une opinion personnelle. En fin de compte, le fait que la réforme permette d’assurer un plus grand nombre de personnes à bas salaires et de travailleurs à temps partiel plaide selon lui en faveur du «oui». Il voit aussi les inconvénients de la réforme, mais peut se ranger derrière l’abaissement du seuil d’entrée et du taux de conversion. Selon lui, il n’y a pas d’alternative à une extension du 2e pilier et la réforme résout de vrais problèmes de prévoyance professionnelle, même si cela a un coût. A long terme, le «oui» est donc nécessaire pour qu’il reste possible de réformer le 2e pilier.
Le numéro d’avril de «Prévoyance Professionnelle Suisse» publie un aperçu des positions des diverses associations concernant la votation. Les principaux éléments de la réforme LPP 21 sont les suivants:
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