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Entretien d'été

La maîtrise vient avec l’expérience et la réflexion constante.

Elisabeth Glättli dans le cadre de l’entretien d’été, à propos du lien entre la rigueur juridique et les réalités humaines, de l’importance de l’expérience et de l’enthousiasme, ainsi que du défi de rendre la prévoyance professionnelle attrayante pour les générations futures.

23.07.2026
Temps de lecture: 3 min

Entretien d'été

Dans notre sĂ©rie d’interviews estivales de cette annĂ©e, nous abordons le thème de la musique avec des acteurs du 2e pilier.

 

Avocate indépendante à Winterthur, Elisabeth Glättli exerce au sein d’un cabinet de taille moyenne depuis 2022. Elle est spécialisée dans le droit du travail et du personnel, la prévoyance professionnelle et le droit des assurances sociales. La musique et les sports de montagne ont toujours tenu une place importante dans sa vie. La voix de Nadja Räss et d’autres artistes de musique folklorique moderne l’ont amenée vers le yodel : elle peut ainsi concilier son amour pour la montagne et pour la musique aux côtés de personnes qui partagent les mêmes passions. Elle chante au sein du club de yodel Sängertreu, à Siebnen (SZ)

 

Quels parallèles voyez-vous entre le yodel et votre mĂ©tier d’avocate et de conseillère juridique ?

J’en vois plusieurs. Le yodel repose sur l’alternance entre la voix de poitrine et la voix de tête – un changement de registre que je vis aussi dans mon travail quotidien : entre les textes de loi et les réalités de la vie, entre les formalités juridiques et les personnes qui se trouvent derrière. Dans les deux cas, ce sont d’ailleurs l’expérience
et la rĂ©flexion constante qui permettent d’arriver Ă  une certaine maĂ®trise. Et enfin, le yodel doit ĂŞtre source de joie. C’est cela que je souhaite aussi dans mon travail : malgrĂ© certaines dĂ©cisions difficiles et pas toujours bien accueillies dans le 2e  pilier, cette grande conquĂŞte devrait toujours faire rĂ©sonner un sentiment de joie.

Si quelqu’un écrivait un chant de yodel sur le 2e pilier, quel pourrait être son titre ?

Sûrement « Le yodel des rentes ».

Quelle musique vous accompagne lorsque vous traitez des cas juridiques complexes – et qu’est-ce qui vous aide à vous détendre après un procès perdu ?

Même dans les cas complexes, il ne faut pas perdre de vue l’essentiel. La musique peut parfois aider, avec une pause qui permet de prendre un peu de recul. Mais lorsque je travaille sur des dossiers exigeants, j’écoute peu ou pas de musique. Si l’issue d’un procès n’est pas celle souhaitée, il importe de garder la tête froide : pourquoi les choses ont-elles mal tourné ? Où réside la cause, dans les faits ou dans le droit ? Et qu’implique le jugement pour ce cas et pour d’autres ? Ces questions exigent de prendre une certaine distance. Il est souvent bon de se déconnecter dans un premier temps, de mettre ses premières émotions de côté et de faire quelque chose de complètement différent, comme le yodel par exemple.

Les clubs de yodel et les conseils de fondation sont souvent confrontés au même problème : l’âge moyen augmente et la relève fait défaut. Que leur conseillez-vous ?

Il est certainement utile d’aller à la rencontre des jeunes
et de leur montrer ce qui est beau, intĂ©ressant et important pour eux dans notre activitĂ© – mais aussi de susciter leur enthousiasme et de montrer soi-mĂŞme l’exemple. C’est formidable quand les jeunes ou les dĂ©butants peuvent ĂŞtre impliquĂ©s dès le dĂ©but dans certaines tâches, d’une manière ou d’une autre. De plus, la relève ne se fait pas du jour au lendemain. Il faut donc y penser tĂ´t, et dans l’idĂ©al de manière constante, afin de poser les bons jalons.

Dans quels domaines de la prévoyance professionnelle observez-vous une collaboration harmonieuse – et où y a-t-il des fausses notes ?

La collaboration est harmonieuse dans les échanges fructueux au sein du conseil de fondation paritaire, même si tout le monde n’est pas du même avis. Pour moi, les fausses notes se trouvent dans un taux de conversion qui n’est plus adapté à l’allongement de l’espérance de vie, dans la redistribution des fonds de prévoyance des actifs vers les retraités, ou encore lorsque les réformes s’enlisent en raison d’un dialogue de sourds, d’une mauvaise compréhension de la prévoyance professionnelle ou d’un manque de volonté de prendre les choses en main.

Le yodel est une tradition. Selon vous, quelles traditions ont de l’avenir dans le 2e  pilier, et lesquelles devraient ĂŞtre abandonnĂ©es ?

Le fait que chacun constitue son propre capital-vieillesse est certainement un avantage précieux, surtout en cette période de vieillissement démographique. La gestion paritaire doit aussi être maintenue. La couverture en cas de décès et d’invalidité est également un élément important de la prévoyance professionnelle. En revanche, il faudrait abandonner les paramètres rigides qui sont figés dans la loi. La déduction de coordination fixe et le seuil d’entrée doivent également être réexaminés.