«Quand tout se passe comme chez Tati, ça va»
Elle connaît parfaitement le monde du cinéma : l'actrice, réalisatrice et membre du conseil de fondation Gabriela Kasperski s'exprime sur la qualité et les quotas.
Continuez à lireNotre système d’assurance sociale fait face à une multitude d’idées de réforme à sens unique : affaiblir le 2e pilier et renforcer le 1er pilier.
Les exemples sont légion : la velléité d’interdire les prestations de retraite anticipée avant 63 ans ou la proposition de limiter à 453 600 francs le salaire annuel assurable dans le 2e pilier. Du côté du 1er pilier, ce sont au contraire des idées expansionnistes qui ont le vent en poupe : déplafonnement des rentes de couples mariés ou majorations de rentes non actuarielles en cas d’activité au-delà de l’âge de référence.
Face aux revendications de recevoir toujours plus de prestations sans les financer, il faut rappeler haut et fort le niveau de solidarité proprement extraordinaire qui existe déjà . Grâce à notre système de prévoyance, le taux de privation matérielle et sociale des retraités (env. 1 personne sur 30) est significativement plus bas que celui de l’ensemble de la population et presque deux fois inférieur à celui des enfants. Dans le 1er pilier, il est généralement admis que 90 % des bénéficiaires reçoivent des prestations supérieures aux contributions qu’ils ont versées. Ainsi, pour financer la rente AVS maximale mensuelle de 2520 francs, on estime qu’une personne seule devrait cotiser pendant 44 ans sur un salaire de 150 000 francs. Par ailleurs, la mécanique de répartition profite le plus aux personnes qui reçoivent les rentes les plus basses. Cette solidarité est une composante nécessaire d’un système qui permet aussi la constitution d’une prévoyance étendue pour le maintien approprié du niveau de vie antérieur.
Face aux revendications de recevoir toujours plus de prestations sans les financer, il faut rappeler haut et fort le niveau de solidarité proprement extraordinaire qui existe déjà .
Pour qui est attaché aux grands équilibres de nos oeuvres sociales, il est douloureux de les voir attaqués. Les prétentions les plus déraisonnables d’extension des prestations sont généralement accueillies avec une retenue feutrée plutôt que par le dépôt d’une contre-proposition insolente. Si certains parlementaires formulent sans rougir des propositions tions. Plutôt que de restreindre les possibilités de retraite anticipée financées individuellement par les intéressés, on pourrait proposer d’exclure du cercle des bénéficiaires des prestations complémentaires les personnes ayant volontairement abandonné leur activité lucrative avant 65 ans ou ayant versé moins de dix ans de cotisations en Suisse. Plutôt que de vouloir baisser le taux de conversion de 6.8 % et épargner plus, on pourrait ajuster l’âge de référence de la retraite pour atteindre la neutralité actuarielle sans toucher le niveau des rentes.
Pourtant, il serait tout aussi possible de formuler des positions de combat dans un registre différent. En laissant quelques instants courir l’imagination, on pourrait envisager une riposte visant à limiter le salaire cotisant AVS à celui donnant droit aux prestations maximales, à l’image de ce qui se fait dans tous les pays qui nous entourent, qui ne connaissent pas les cotisations illimitées à la prévoyance étatique. Plutôt que d’augmenter les cotisations salariales des actifs, on pourrait soumettre les prestations AVS à cotisations. Plutôt que de restreindre les possibilités de retraite anticipée financées individuellement par les intéressés, on pourrait proposer d’exclure du cercle des bénéficiaires des prestations complémentaires les personnes ayant volontairement abandonné leur activité lucrative avant 65 ans ou ayant versé moins de dix ans de cotisations en Suisse. Plutôt que de vouloir baisser le taux de conversion de 6.8 % et épargner plus, on pourrait ajuster l’âge de référence de la retraite pour atteindre la neutralité actuarielle sans toucher le niveau des rentes.
Mais est-ce vraiment souhaitable d’entrer dans un monde polarisé ? Le succès et l’attractivité de la Suisse ont été construits sur des compromis pragmatiques. Ces équilibres sont appelés à évoluer, sans pour autant dériver continuellement dans un sens qui met en danger notre modèle économique. L’exemple de la limitation de la déductibilité des cotisations dans le 2e pilier est un cas d’école : qui voudra bien risquer sa réélection pour défendre des personnes gagnant près d’un million de francs par an? Et pourtant, le maintien en Suisse d’activités à haute valeur ajoutée et générant des salaires élevés est de première utilité pour encaisser des contributions en faveur de l’AVS. Le dérèglement progressif de la mécanique et l’érosion des conditions-cadres pourraient faire fuir la poule aux oeufs d’or.
A l’instar des idées de réforme de la prévoyance formulées par le Centre Patronal, recherchons ensemble la pérennité de notre système de prévoyance sur la base d’efforts partagés, plutôt que de cultiver des positions extrêmes. C’est ainsi que nous forgerons les nouveaux compromis qui garantiront notre protection sociale et et notre prospérité sur le long terme.
Elle connaît parfaitement le monde du cinéma : l'actrice, réalisatrice et membre du conseil de fondation Gabriela Kasperski s'exprime sur la qualité et les quotas.
Continuez à lireEn tant que représentante des intérêts des assurés, j’ai assisté, incrédule, au processus législatif de la réforme de la LPP, à la confection d’un projet de réforme trop compliqué qui, au final, ne tient pas la route. L’objectif central de la réforme – maintenir le niveau global des prestations – a été à ce point manqué que j’aimerais mettre le doigt sur quelques dysfonctionnements particulièrement flagrants.
Continuez à lireDepuis l’introduction de la prévoyance professionnelle obligatoire en 1985, de plus en plus de personnes profitent des prestations du 2e pilier. Mais au-delà de cette couverture toujours plus large, comment ont évolué les prestations?
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La prévoyance en quête d’équilibres