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Entretien d'été

C’est le ton qui fait la musique

Adrian Wüthrich dans le cadre de l’entretien d’été, à propos de la solidarité, de la persévérance et de la complémentarité des points de vue, ainsi que de la manière dont la prévoyance professionnelle peut offrir une sécurité durable grâce à une vision à long terme, au sens de la mesure et à un engagement clair envers la promesse de prévoyance.

13.08.2026
Temps de lecture: 3 min

Entretien d'été

Dans notre sĂ©rie d’interviews estivales de cette annĂ©e, nous abordons le thème de la musique avec des acteurs du 2e pilier.

 

Adrian Wüthrich est président de l’organisation faîtière des travailleurs Travail.Suisse et membre du conseil de fondation de la Fondation institution supplétive LPP. Il est également président de la commune de Huttwil et président du conseil de la Haute école fédérale en formation professionnelle (HEFP). Il n’a joué qu’un an de la flûte à bec, mais la musique fait partie de sa vie grâce à son épouse musicienne.

 

Quelle chanson décrit le mieux votre travail ?

La chanson « Dene wo’s guet geit » (Ceux qui vont bien) de Mani Matter. Elle parle des inégalités sociales et de l’importance d’une société solidaire pour que tout le monde aille mieux.

Quel concert vous a marqué – et peut-on y puiser un enseignement qui s’appliquerait également au travail de direction ?

Mon premier concert était celui de Bryan Adams à Bâle, j’étais encore adolescent et avais eu le droit d’y aller avec des adultes. Depuis, j’ai toujours une pensée pour Bryan Adams lorsque j’assiste à un grand concert. Il continue d’ailleurs à se produire sur scène, ce qui montre qu’il faut aussi faire preuve de persévérance en politique : avoir une vision à long terme et ne pas baisser les bras.

Quelle musique vous aide le mieux à réfléchir lors de décisions difficiles à prendre ?

Pour réfléchir, j’ai plutôt besoin de silence.

Qu’est-ce qu’un bon groupe de musique peut apprendre à un membre de conseil de fondation d’une caisse de pensions ?

Dans un conseil de fondation, il faut des voix différentes pour former un ensemble réussi. Les parties solo doivent alterner entre le côté des employeurs et celui des employés. Comme dans tout bon groupe de musique, on se complète et on se soutient mutuellement. Tout doit être en harmonie. Comme le dit le proverbe, « C’est le ton qui fait la musique ».

Y a-t-il une décision à propos de laquelle vous pourriez dire : « C’était bien orchestré » ?

En tant que président de Travail.Suisse, je ne suis peutêtre pas tout à fait objectif, mais l’introduction du congé de paternité a été bien orchestrée. Tout s’est déroulé correctement depuis la phase de préparation jusqu’à la votation, de sorte que nous bénéficions d’un congé de paternité depuis le 1er janvier 2021.

En musique, le rythme est essentiel. À votre avis, dans quel domaine une caisse de pensions a-t-elle besoin d’avoir un meilleur sens de la mesure ?

Dans celui de l’amélioration des prestations. Lorsque tout va bien, il faut envisager d’améliorer les prestations et savoir rendre un peu de ce que l’on a reçu aux assurés en s’y prenant au bon moment. Le sens de la mesure est également appréciable dans le domaine des coûts, je dis cela en pensant aux courtiers.

OĂą un bon timing est-il particulièrement important dans le 2e  pilier ?

Du point de vue des assurĂ©s, le bon timing consiste Ă  rĂ©flĂ©chir suffisamment tĂ´t Ă  sa propre prĂ©voyance, et non pas quand il est dĂ©jĂ  trop tard.

Quand faut-il plutôt opter pour le « pianissimo » ou le « fortissimo » dans l’univers de la prévoyance ?

Sur le plan politique, le débat sur la baisse du taux de conversion doit être mené pianissimo. Par ailleurs, on voit aujourd’hui une jeune génération de membres de conseils de fondation qui n’est plus habituée à l’idée de distribuer quelque chose. Il faut donc adopter le mode fortissimo pour discuter des améliorations à apporter aux prestations.

Dans la musique pop, les tendances changent rapidement. Selon vous, quels thèmes du 2e pilier ne sont qu’une mode passagère, et lesquels restent structurellement importants ?

Ce qui compte au final pour les assurés, c’est la promesse de prévoyance, autrement dit la rémunération et le taux de conversion. En revanche, le débat sur l’individualisation est davantage une mode passagère, selon moi.