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Du fonds immobilier à la piqûre antirides

Des caisses-maladie allemandes perdent des millions, les retraites américaines dépendent des marchés boursiers et les banques chinoises attirent leurs clients avec des crédits d’usage liés à l’IA. Dans le même temps, le Botox connaît un essor fulgurant – et même un plongeon à la piscine coûte plus cher.

31.07.2026
Temps de lecture: 3 min

L’argent cherche généralement du rendement. Il lui arrive de trouver à la place un fonds immobilier. Selon une enquête de la «Süddeutsche Zeitung», de la NDR et de la WDR, 17 caisses-maladie allemandes et associations de médecins conventionnés ont investi au moins 170 millions d’euros dans des fonds qui ont ensuite connu des difficultés. Le montant réel pourrait être plus élevé. L’identité des investisseurs rend l’affaire particulièrement délicate: les caisses-maladie doivent placer l’argent des cotisations de manière à ce qu’une perte paraisse exclue. Plusieurs institutions poursuivent désormais des banques et des gestionnaires de fonds, affirmant avoir été trompées sur les risques. La partie adverse renvoie aux documents de placement. Un tribunal devra déterminer si les risques étaient trop bien dissimulés ou simplement mal lus.

La prévoyance au rythme de la Bourse

Il est normal que l’argent de la prévoyance soit placé sur les marchés financiers. Aux Etats-Unis, cette dépendance est toutefois particulièrement forte. Comme l’écrit le «Spiegel», 61% des Américains disposent de comptes de prévoyance fiscalement avantageux et majoritairement investis en actions. L’essor des marchés a permis même à des salariés aux revenus ordinaires d’accumuler des avoirs à sept chiffres. Mais cette réussite a son revers: si les cours chutent fortement et durablement, ce ne sont pas seulement les avoirs de prévoyance qui diminuent. La consommation pourrait elle aussi reculer. Certains se demandent donc déjà si le marché des actions est devenu trop important pour la société américaine pour qu’un effondrement prolongé soit toléré. Il n’existe aucune garantie publique sur les cours. Mais la simple attente d’un sauvetage peut déjà inciter les investisseurs à prendre davantage de risques.

La consommation change d’emballage

Les banques chinoises font face à des risques d’une autre nature. Une grande partie de leur clientèle paie depuis longtemps avec WeChat Pay ou Alipay. Selon la «Süddeutsche Zeitung», le nombre de cartes de crédit en circulation est passé de 807 à 687 millions depuis 2022. L’intelligence artificielle doit désormais redonner vie au plastique. Au lieu de miles, les titulaires accumulent des crédits d’utilisation pour des agents numériques et des chatbots. Consommer permet ainsi de gagner de la puissance de calcul. La valeur de ces avantages dépasse toutefois rarement celle des anciens thermos ou billets de cinéma. La principale nouveauté réside dans le vocabulaire. Les banques s’intéressent d’ailleurs moins à l’IA qu’à l’accès direct à une clientèle jeune et aisée, qu’elles ont perdu au profit des applications de paiement.

Cette clientèle jeune intéresse également l’entreprise dermatologique suisse Galderma, mais pas pour ses cartes de crédit. Selon le «Financial Times», un nombre croissant de personnes commencent à recourir à de petites doses de Botox dès la vingtaine, avant même l’apparition de rides marquées. Cette pratique préventive est appelée «Baby Botox». L’entreprise zougoise en profite: son chiffre d’affaires dans les produits esthétiques injectables a progressé de 11.5% en 2025, à 2.5 milliards de dollars. Galderma investit parallèlement dans la formation. Comme des prestataires insuffisamment qualifiés pratiquent également des injections dans de nombreux pays, l’entreprise a formé plus de 100000 professionnels de la santé en 2025. Les traitements ratés ne nuisent en effet pas seulement aux visages, mais aussi aux marques.

La fraîcheur se paie

Après tant de prévoyance pour la retraite, l’apparence et l’intelligence artificielle, la vague de chaleur de cette année ramène une question estivale classique: combien coûte le rafraîchissement? En Allemagne, les prix d’entrée des piscines étaient en juin supérieurs de 3.6% à ceux de l’année précédente, rapporte le «Spiegel» en citant l’Office fédéral de la statistique. L’inflation générale s’élevait à 2.3%. Les prix des parasols et des vêtements de bain ont en revanche parfois légèrement baissé. Le chemin jusqu’à l’eau coûte donc davantage, tandis que l’équipement nécessaire devient un peu moins cher. Celui qui économise sur l’entrée devra toutefois rester dehors.