Aujourd’hui, près d’une nouvelle rente AI sur deux est accordĂ©e en raison d’un trouble psychique. Pourtant, seule une part relativement faible des aides financières de l’AI est versĂ©e Ă des organisations qui soutiennent les personnes atteintes de tels troubles. Au total, l’AI distribue chaque annĂ©e environ 155 millions de francs aux organisations de personnes handicapĂ©es. La clĂ© de rĂ©partition n’a toutefois guère Ă©voluĂ© au fil des ans, et les fonds sont engagĂ©s dans le cadre de contrats pluriannuels. Les personnes souffrant de troubles psychiques reprĂ©sentent environ 34% des mesures de l’AI, mais les organisations concernĂ©es ne bĂ©nĂ©ficient que de 13.6% des aides financières disponibles. Dans le cas des personnes malvoyantes, 2.4% des mesures de l’AI correspondent Ă 19% des aides financières. L’Office fĂ©dĂ©ral des assurances sociales (OFAS) mène actuellement des discussions sur de nouveaux critères de rĂ©partition. Une solution Âdevrait toutefois se faire attendre, Ă©crit
srf.ch (14 août). Une nouvelle répartition des fonds reste difficile: ce que les uns gagnent, les autres le perdent.
Regarder vers l’avenir plutôt que dans le rétroviseur
Le futurologue Jakub Samochowiec (Institut Gottlieb Duttweiler) considère que l’hypothèse de base – selon laquelle l’avenir ressemble dans ses grandes lignes au passé – est fragile, comme il l’explique dans une interview accordée à bilanz.ch (14 août). La probabilité de ruptures et de discontinuités semble aujourd’hui plus élevée que jamais depuis la Seconde Guerre mondiale: effondrement de l’ordre géopolitique d’après-guerre, changement climatique, vieillissement de la société et intelligence artificielle. Les caisses de pensions discutent des taux d’intérêt techniques, des taux de conversion ou des rendements des placements. Les hypothèses fondamentales du système lui-même ne sont guère remises en question, notamment celle d’une croissance économique stable à long terme. La prévoyance professionnelle est historiquement liée de près à l’emploi fixe classique. La question qui se pose est de savoir comment organiser la sécurité sociale si les relations classiques entre employeur et salarié perdaient de leur importance. En tant que membre du conseil de fondation d’une grande caisse de pensions, il se poserait d’abord la question suivante: «Quelles hypothèses sur l’avenir considérons-nous comme tellement évidentes que nous ne les reconnaissons presque plus comme telles? Et que se passera-t-il si elles s’avèrent fausses?» Plus tôt nous réfléchirons aux futurs possibles, plus grandes seront nos chances de pouvoir les façonner activement.
Lucratif pour les conseillers, risqué pour les retraités
Dans sa chronique (tagblatt.ch, 17 aoĂ»t), l’ancien conseiller aux États Paul RechÂsteiner Ă©voque la tendance au versement en capital, qu’il juge prĂ©occupante. Il attribue cette Ă©volution aux conseillers qui, par intĂ©rĂŞt personnel, recommandent le versement en capital, car ils en tirent eux-mĂŞmes profit: «Toute une armĂ©e de conseillers, des banques et compagnies d’assurance jusqu’à VZ Banque de DĂ©pĂ´t, recommandent vivement le versement en capital. Cela s’accompagne souvent d’un marketing agressif.» C’est fatal pour la prĂ©voyance vieillesse des retraitĂ©s. Rien qu’en se basant sur l’espĂ©rance de vie moyenne, la rente s’avère bien plus avantageuse que le capital. La rente de la caisse de pensions donne en outre droit Ă une rente de veuve ou de veuf. Les enfants ont Ă©galement tout Ă gagner Ă ce que leurs parents soient Ă l’abri du besoin. Les promesses de rendement reposent sur des Ă©volutions favorables du passĂ©; dans la rĂ©alitĂ©, ce sont surtout les risques qui priment. Aucun placement privĂ©, aussi lucratif soit-il, ne peut rivaliser Ă©conomiquement avec la rente de la caisse de pensions en termes de rendement. La tendance au retrait en capital sape le système de prĂ©voyance vieillesse et doit ĂŞtre inversĂ©e de toute urgence. Quiconque promeut les retraits en capital au dĂ©triment des rentes est un «vautour aux dĂ©pens de la prĂ©voyance vieillesse».
Werner C. Hug met Ă©galement en garde (Finanz und Wirtschaft, 22 aoĂ»t) contre les consĂ©quences de la multiplication des retraits en capital dans le 2e pilier: «Les prestataires de services financiers, avides de profits, encouragent les retraits en capital et sapent ainsi le deuxième pilier par capitalisation avec des offres complexes, le rĂ©duisant Ă un simple instrument d’optimisation fiscale.»Â
Une idée à mettre au rebut?
Dans son commentaire (nzz.ch, 25 aoĂ»t), Albert Steck critique la revendication de l’Union syndicale suisse (USS) en faveur d’une 13e rente de caisse de retraite. Selon M. Steck, c’est au niveau du versement en capital que rĂ©side la faiblesse de cette idĂ©e. Si une 13e rente Ă©tait introduite sans augmenter en consĂ©quence le versement en capital d’un douzième supplĂ©mentaire, il en rĂ©sulterait une inĂ©galitĂ© de traitement entre les deux formes de versement. Il part du principe que cette revendication finira bientĂ´t par retomber dans l’oubli.Â
Les vautours de la prévoyance