On ne regarde jamais l’iceberg actuariel droit devant
Michèle Mottu Stella explique pourquoi Mary Poppins est un idéal pour toute experte en prévoyance.
Continuez à lireLe Zurich PK-Summit avait pour thème principal la mer: « Que nous apprend la mer sur l’écosystème des caisses de pensions ? ». Les discussions ont porté sur le rendement et la durabilité, la démographie et la responsabilité. La FINMA a également été mentionnée à plusieurs reprises.
L’hôte Thorsten Schneidewind, PDG de Zurich Life Insurance Company Ltd, a accueilli les 1er et 2 septembre environ 80 personnes à l’occasion du traditionnel « Sommet des caisses de pensions » au centre de formation de Zurich, sur le Zürichberg. Sans entrer dans les détails de la procédure d’exécution en cours menée par la Finma, M. Schneidewind a souligné le rôle de la réglementation dans l’écosystème de la prévoyance professionnelle. La réglementation crée des conditions-cadres et renforce la confiance. M. Schneidewind a présenté ses excuses pour les erreurs commises par le passé. Se tournant vers l’avenir et l’autonomie à laquelle aspire la fondation collective Vita, M. Schneidewind a évoqué la responsabilité de l’assurance en tant que prestataire de services. Celle-ci ne s’arrête pas avec l’autonomie, a-t-il ajouté.
En tant que première intervenante, Magdalena Martullo-Blocher s’est exprimée de manière générale sur la réglementation en tant que menace extérieure. Lors de son entretien avec l’animateur Reto Lipp, elle a longuement évoqué ses expériences en tant qu’entrepreneuse à l’échelle mondiale. Pour la conseillère nationale également, l’autonomie économique est un enjeu central. Le secret de la réussite réside selon elle dans la capacité à vendre de la valeur ajoutée au client. La Suisse n’a pas à se cacher face à des géants comme la Chine ou les États-Unis, mais peut préserver sa marge de manœuvre dans le commerce mondial grâce à des accords de libre-échange. La frénésie réglementaire de l’UE est une mauvaise voie, contre laquelle il faut se défendre.
Ralph Ossa, professeur d’économie à l’université de Zurich et ancien économiste en chef de l’OMC, s’est montré confiant quant à la pérennité des règles du libre-échange mondial malgré Trump. Bien que les conflits commerciaux, notamment entre la Chine et les États-Unis, occupent 80 % des gros titres, le commerce mondial est en réalité beaucoup plus diversifié.
Martin Eling, professeur de gestion des assurances à l’université de Saint-Gall, a consacré son exposé au plus grand défi de l’avenir : la démographie. Sur le plan international, la Suisse se porte certes encore bien grâce à des caisses bien remplies et à sa prospérité. Mais l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse partagent un problème commun : l’État-providence est sous-financé.
Eling croit en la solidité du système des trois piliers, qu’il a qualifié d’exemplaire. Il considère toutefois que le blocage des réformes est problématique. Le monde du travail a changé. Il a posé la question de savoir quels métiers seraient encore nécessaires à l’avenir et lesquels disparaîtraient probablement en raison de l’automatisation. Il s’agit d’accompagner les personnes dans la transformation du monde du travail.
Pour M. Eling, le plus grand défi visible réside dans le déficit en matière de soins. Le plus grand risque biométrique non couvert serait la longévité. Or, les caisses de pensions sont justement conçues pour supporter ce risque. M. Eling a proposé de mettre sur la table un quatrième pilier supplémentaire : une assurance dépendance. La mise en œuvre d’une telle pièce du puzzle de l’État-providence pourrait constituer une nouvelle mission pour les caisses de pensions. On ignore combien de temps il faudra pour trouver une solution politique à ce sujet. M. Eling s’est montré confiant quant au fait que la longévité perdure et qu’elle peut être maîtrisée.
André Tapernoux, expert en caisses de pensions chez Keller Experten AG, a donné, dans le cadre d’une présentation interactive, un aperçu des défis de moindre envergure rencontrés au quotidien par les caisses de pensions. À l’aide de 10 thèses, il a décrit de manière claire comment les probabilités ont évolué et continuent d’évoluer dans la prévoyance professionnelle. Ainsi, par exemple, les assurés plus jeunes, jusqu’à 40 ans, deviennent plus souvent invalides qu’auparavant ; en revanche, les assurés plus âgés, à partir de 40 ans, le deviennent plus rarement.
Lors d’une table ronde réunissant Kate Kristovic (Libera) et Thomas Schönbächler (BVK), ces conclusions tirées des nouvelles données de base ainsi que d’autres tendances du 2e pilier ont été discutées. Le sentiment général était que les caisses de pensions naviguaient en toute sécurité dans ces eaux tumultueuses. Il semble toutefois tout aussi certain que la consolidation du marché se poursuivra.
Ramona Spirig, responsable des fonds et mandats immobiliers, a présenté un projet de densification de Zurich Invest AG. Grâce à un nouveau bâtiment de remplacement à Zurich-Schwamendingen, l’entreprise s’apprête à doubler la surface habitable d’ici dix ans. Mme Spirig a expliqué comment une planification minutieuse et l’implication précoce des locataires et des autorités permettent d’optimiser la durée nécessaire à la réalisation du projet.
Enfin, lors d’une table ronde sur l’immobilier, Giacomo Balzarini (PSP Swiss Property) a débattu avec Ivo Vögtli (Complan) et Rentato Piffaretti (Zurich Invest) de la question du juste équilibre entre immobilier résidentiel et immobilier commercial. Alors que de nombreuses caisses de pensions détiennent une part importante de biens résidentiels, le marché de l’immobilier commercial fonctionne différemment. Comme l’immobilier commercial fait moins l’objet de l’attention politique que les logements, cela recèle des opportunités pour les caisses de pensions, a déclaré M. Balzarini. Il faut toutefois savoir gérer les taux de vacance et faire preuve de persévérance.
Michèle Mottu Stella explique pourquoi Mary Poppins est un idéal pour toute experte en prévoyance.
Continuez à lireLa guerre en Iran a montré, sur le plan géopolitique, à quelle vitesse les risques peuvent évoluer. Les caisses de retraite doivent elles aussi se pencher régulièrement sur différents scénarios de risque et garder à l’œil les risques imprévus. Il existe des outils éprouvés pour les aider dans cette tâche.
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