Si la CSSS-N s’est penchée sur cet article de l’ordonnance, c’est grâce à la motion 24.3372 d’Erich Ettlin. Le conseiller aux Etats du centre du canton d’Obwald n’y demande toutefois pas l’abrogation de l’article. Il plaide plutôt pour que les institutions de prévoyance des corporations de droit public soient exclues de la réglementation.
Lors du débat du Conseil des Etats du 13 juin 2024, Ettlin a déclaré : « Les caisses de pensions de droit public ne sont pas en concurrence avec d’autres caisses de pensions, elles ne pratiquent donc pas d’abus dans ce domaine. »
Selon Ettlin, ce sont les destinataires qui sont touchés par ce désavantage concurrentiel. Ces caisses ne peuvent pas leur accorder « un taux d’intérêt plus élevé, même si elles réalisent une bonne performance et garantissent que les intérêts ne sont pas élevés de manière irresponsable au détriment des assurés existants. » Dans certaines circonstances, le renchérissement ne serait même pas compensé dans ces caisses.
Le Conseil des Etats a approuvé la motion à l’unanimité. Reste à savoir dans quelle mesure le Conseil des Etats soutiendra également l’abrogation totale de l’article si le Conseil national suit cette proposition et décide de supprimer l’article. Erich Ettlin tient avant tout à ce que sa motion soit adoptée, comme il l’explique lorsqu’on le questionne à ce sujet. « Mais je pense », écrit-il, « qu’il ne faut pas trop élargir le cercle, il y a de bonnes raisons de n’exclure que les caisses de pensions de droit public. »
Jörg Odermatt souligne que les institutions de droit public comme Publica ou la BVK sont ouvertes à d’autres entreprises et s’efforcent de diversifier leur portefeuille de clients.
6.8% gravé dans la pierre
Autre sujet : après l’échec de la révision de la LPP, l’Asip, l’association des institutions de prévoyance, demande une pause. Les institutions de prévoyance doivent donc accepter le fait que la LPP ne peut guère être révisée durablement en raison des contraintes de la démocratie de base. Le taux de conversion minimum légal de 6.8 % est provisoirement gravé dans le marbre.
Si l’on veut éliminer les subventions croisées injustes, les institutions de prévoyance peuvent prendre des dispositions dans le domaine réglementaire, c’est-à -dire le surobligatoire. On peut douter que cela soit effectivement le cas, en particulier pour les institutions qui continuent à proposer des prestations surobligatoires insuffisantes.
Cela désavantage les assurés qui optent pour des plans avec des retenues salariales plus élevées et donc des prestations plus importantes. Ils risquent de voir leurs versements ne pas contribuer à l’amélioration de leurs prestations personnelles, mais combler les lacunes de financement des plans minimaux. Ils courent également le risque que leur capital de libre passage surobligatoire ne soit pas aussi bien rémunéré que ne le permettraient les marchés des capitaux – ici aussi au profit des plans minimaux. C’est ainsi que fonctionne le subventionnement croisé.
En dehors de cela, il sera intéressant d’observer dans quelle mesure la gauche va maintenant faire pression pour améliorer unilatéralement les prestations obligatoires dans la LPP, sans pour autant abaisser le taux de conversion de 6.8 %, injustifié sur le plan actuariel. Des interventions en ce sens ont été déposées juste après la votation – l’une d’entre elles avant même le scrutin.
Les conseillers nationaux veulent abolir l’art. 46 OPP 2