Car le quotidien typique, c’est plutôt ça : se lever, le petit-déjeuner, les bouchons ou le foin, la collation au travail, le dîner, le goûter, les bouchons ou le foin, le souper, extinction des feux, se lever et recommencer. Ce qui est donc aussi typique : un employeur, une caisse de pension, un seuil d’entrée, une déduction de coordination, une cotisation d’épargne, une cotisation de risque – et à la fin de la vie active, une rente.
Tout ce qui n’est pas typique est atypique. Par exemple : se lever, goûter, embouteillage ou temps libre, dîner au travail, petit-déjeuner au travail, embouteillage ou temps libre, éteindre la lumière, se lever et recommencer. Une vie professionnelle décalée, en quelque sorte, qui, même avec des primes de travail posté et un salaire horaire, repose en fin de compte sur un employeur, une caisse de pension, un seuil d’entrée, une déduction de coordination, une cotisation d’épargne, une cotisation de risque et enfin une rente.
Le comparatif – atypique – pourrait alors se présenter ainsi : se lever, le petit-déjeuner, les bouchons ou le foin, collation au travail, déjeuner dans les embouteillages ou à la ferme, goûter dans un autre magasin, embouteillages ou à la ferme, dîner, extinction des feux, se lever et recommencer. Dans une telle vie professionnelle au comparatif, deux employeurs sont donc impliqués et, par conséquent, généralement deux caisses de pension. Comme il faut franchir le seuil d’affiliation auprès des deux caisses et tenir compte de la déduction de coordination, cela signifie trop souvent, à la fin de la vie active, qu’aucune rente n’est versée par les deux caisses de pension. Quiconque travaille au comparatif, c’est-à -dire pour plusieurs employeurs, peut exiger que tous ses rapports de travail soient regroupés auprès de la Fondation institution supplétive. Ce qu’il faut savoir et imposer à ses employeurs – raison pour laquelle cela est rarement fait.
Ou pourquoi travailler à fond ne garantit pas une retraite confortable