L’économiste en chef d’UBS Daniel Kalt présente dans la «Handelszeitung» (24 septembre) une expérience de pensée visant à refondre en profondeur la prévoyance vieillesse suisse. Le vieillissement de la population, la baisse de la natalité et la répartition future des charges entre générations servent de point de départ. Le modèle d’UBS mise davantage sur la capitalisation. Dans le 1er pilier, des cotisations totales de 20% seraient prélevées sur les premiers 50000 francs de salaire annuel. Les fonds seraient placés par une institution publique centrale, qui créditerait aux assurés un rendement garanti dépendant de leur cohorte.
Une transition coĂ»teuseÂ
Le 2e pilier serait lui aussi profondĂ©ment remaniĂ©. Il fonctionnerait selon la primautĂ© des cotisations, sans garantie du capital. Les taux de cotisation ne dĂ©pendraient plus de l’âge. Les assurĂ©s pourraient choisir librement leur caisse de pension et leur stratĂ©gie de placement et ne devraient plus changer de caisse lors d’un changement d’emploi. La transition serait toutefois particulièrement coĂ»teuse: il faudrait continuer Ă financer le système actuel tout en constituant le capital du nouveau. Selon le modèle, la dette publique supplĂ©mentaire grimperait temporairement Ă quelque 58% du PIB, soit environ 500 Ă 600 mias de francs selon les hypothèses retenues. UBS prĂ©sente explicitement cette proposition comme une expĂ©rience de pensĂ©e destinĂ©e Ă alimenter le dĂ©bat sur la prĂ©voyance.Â
Un durcissement de la Lex Koller pourrait en revanche avoir des effets très concrets. La «NZZ» (26 septembre) fait Ă©tat de projets visant Ă restreindre davantage l’accès des investisseurs Ă©trangers Ă l’immobilier suisse. Les sociĂ©tĂ©s immobilières cotĂ©es et, en partie, les fonds immobiliers seraient Ă©galement concernĂ©s. Un cercle d’acheteurs plus restreint pourrait rĂ©duire la liquiditĂ© et favoriser des dĂ©cotations. La disparition des agios actuels pourrait ainsi entraĂ®ner des pertes de valeur. Pour les fonds et sociĂ©tĂ©s cotĂ©es, ceux-ci sont estimĂ©s au total Ă 25 Ă 26 mias de francs. Le sujet concerne directement les caisses de pensions, qui placent environ un quart de leurs avoirs dans l’immobilier et utilisent les placements indirects pour ajuster leur allocation.Â
Les placements des caisses sous pressionÂ
La stratĂ©gie de placement de la Caisse de pension de la ville de Zurich (PKZH) fait Ă©galement dĂ©bat politique. Le «Tages-Anzeiger» (26 septembre) rapporte qu’un postulat du PS demande Ă l’exĂ©cutif municipal d’intervenir au conseil de fondation afin de modifier le règlement de placement. En cause: des actions du groupe d’armement israĂ©lien Elbit Systems d’une valeur de 1.4 mio de francs. La PKZH gère plus de 23 mias de francs et exclut dĂ©jĂ plus de 300 entreprises de ses placements. Elbit ne figure pour l’heure pas sur cette liste. Le parlement municipal a transmis le postulat par 65 voix contre 48 et 3 abstentions.Â
L’évolution des prestations des caisses de pensions suscite Ă©galement la controverse. Francesca Pitsch, responsable de l’étude Swisscanto sur les caisses de pensions, conteste dans une tribune publiĂ©e par la «NZZ» (7 septembre) la thèse d’un «choc des rentes». Le baromètre des retraites 2026 de VZ fait Ă©tat d’un recul de 40% des prestations des caisses de pension depuis 2002. Pitsch critique le fait que l’augmentation des versements en capital soit insuffisamment prise en compte. Selon Swisscanto, ceux-ci ont reprĂ©sentĂ© en 2025, avec 51%, pour la première fois la majoritĂ© des prestations versĂ©es.Â
Pitsch renvoie aussi Ă une analyse d’Avenir Suisse de 2024. Entre 2015 et 2022, les prestations de vieillesse auraient reculĂ© de seulement 1 Ă 5% chez les hommes, tandis qu’elles auraient augmentĂ© de 2 Ă 6% chez les femmes. Swisscanto ne prĂ©voit par ailleurs plus que de faibles variations des taux de conversion. Les caisses interrogĂ©es s’attendent Ă un recul de 5.26 Ă 5.24% d’ici 2031.Â
Litige autour de l’accès au pilier 3aÂ
À Saint-Gall, le traitement fiscal des frontaliers est au centre des débats. Selon «Blick» (15 septembre), les personnes domiciliées en Suisse mais travaillant au Liechtenstein pouvaient jusqu’ici, dans le canton de Saint-Gall, cotiser au pilier 3a et déduire ces versements fiscalement. L’Administration fédérale des contributions considère cette pratique comme inadmissible, l’affiliation à l’AVS en Suisse étant une condition pour constituer un pilier 3a. Dès 2027, les frontaliers concernés ne pourront donc plus bénéficier de cette déduction. Des élus cantonaux ont déposé une initiative cantonale, tandis que des motions de même teneur sont pendantes au niveau fédéral. Une intervention au parlement cantonal demande en outre de maintenir la pratique actuelle jusqu’à clarification de la situation juridique au niveau fédéral.
Nouveaux enjeux de la prévoyance