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Echos de presse

Nouveaux enjeux de la prévoyance

La prévoyance en Suisse est sous pression sur plusieurs fronts. Une «expérience de pensée», des interventions politiques dans la politique de placement et les controverses sur les prestations de retraite montrent à quel point le débat sur le 2e pilier se durcit.

30.09.2026
Temps de lecture: 4 min

L’économiste en chef d’UBS Daniel Kalt présente dans la «Handelszeitung» (24 septembre) une expérience de pensée visant à refondre en profondeur la prévoyance vieillesse suisse. Le vieillissement de la population, la baisse de la natalité et la répartition future des charges entre générations servent de point de départ. Le modèle d’UBS mise davantage sur la capitalisation. Dans le 1er pilier, des cotisations totales de 20% seraient prélevées sur les premiers 50000 francs de salaire annuel. Les fonds seraient placés par une institution publique centrale, qui créditerait aux assurés un rendement garanti dépendant de leur cohorte.

 
Une transition coûteuse 


Le 2e pilier serait lui aussi profondément remanié. Il fonctionnerait selon la primauté des cotisations, sans garantie du capital. Les taux de cotisation ne dépendraient plus de l’âge. Les assurés pourraient choisir librement leur caisse de pension et leur stratégie de placement et ne devraient plus changer de caisse lors d’un changement d’emploi. La transition serait toutefois particulièrement coûteuse: il faudrait continuer à financer le système actuel tout en constituant le capital du nouveau. Selon le modèle, la dette publique supplémentaire grimperait temporairement à quelque 58% du PIB, soit environ 500 à 600 mias de francs selon les hypothèses retenues. UBS présente explicitement cette proposition comme une expérience de pensée destinée à alimenter le débat sur la prévoyance. 


Un durcissement de la Lex Koller pourrait en revanche avoir des effets très concrets. La «NZZ» (26 septembre) fait état de projets visant à restreindre davantage l’accès des investisseurs étrangers à l’immobilier suisse. Les sociétés immobilières cotées et, en partie, les fonds immobiliers seraient également concernés. Un cercle d’acheteurs plus restreint pourrait réduire la liquidité et favoriser des décotations. La disparition des agios actuels pourrait ainsi entraîner des pertes de valeur. Pour les fonds et sociétés cotées, ceux-ci sont estimés au total à 25 à 26 mias de francs. Le sujet concerne directement les caisses de pensions, qui placent environ un quart de leurs avoirs dans l’immobilier et utilisent les placements indirects pour ajuster leur allocation. 


Les placements des caisses sous pression 


La stratégie de placement de la Caisse de pension de la ville de Zurich (PKZH) fait également débat politique. Le «Tages-Anzeiger» (26 septembre) rapporte qu’un postulat du PS demande à l’exécutif municipal d’intervenir au conseil de fondation afin de modifier le règlement de placement. En cause: des actions du groupe d’armement israélien Elbit Systems d’une valeur de 1.4 mio de francs. La PKZH gère plus de 23 mias de francs et exclut déjà plus de 300 entreprises de ses placements. Elbit ne figure pour l’heure pas sur cette liste. Le parlement municipal a transmis le postulat par 65 voix contre 48 et 3 abstentions. 


L’évolution des prestations des caisses de pensions suscite également la controverse. Francesca Pitsch, responsable de l’étude Swisscanto sur les caisses de pensions, conteste dans une tribune publiée par la «NZZ» (7 septembre) la thèse d’un «choc des rentes». Le baromètre des retraites 2026 de VZ fait état d’un recul de 40% des prestations des caisses de pension depuis 2002. Pitsch critique le fait que l’augmentation des versements en capital soit insuffisamment prise en compte. Selon Swisscanto, ceux-ci ont représenté en 2025, avec 51%, pour la première fois la majorité des prestations versées. 


Pitsch renvoie aussi à une analyse d’Avenir Suisse de 2024. Entre 2015 et 2022, les prestations de vieillesse auraient reculé de seulement 1 à 5% chez les hommes, tandis qu’elles auraient augmenté de 2 à 6% chez les femmes. Swisscanto ne prévoit par ailleurs plus que de faibles variations des taux de conversion. Les caisses interrogées s’attendent à un recul de 5.26 à 5.24% d’ici 2031. 


Litige autour de l’accès au pilier 3a 


À Saint-Gall, le traitement fiscal des frontaliers est au centre des débats. Selon «Blick» (15 septembre), les personnes domiciliées en Suisse mais travaillant au Liechtenstein pouvaient jusqu’ici, dans le canton de Saint-Gall, cotiser au pilier 3a et déduire ces versements fiscalement. L’Administration fédérale des contributions considère cette pratique comme inadmissible, l’affiliation à l’AVS en Suisse étant une condition pour constituer un pilier 3a. Dès 2027, les frontaliers concernés ne pourront donc plus bénéficier de cette déduction. Des élus cantonaux ont déposé une initiative cantonale, tandis que des motions de même teneur sont pendantes au niveau fédéral. Une intervention au parlement cantonal demande en outre de maintenir la pratique actuelle jusqu’à clarification de la situation juridique au niveau fédéral.