La prévoyance en quête d’équilibres
Notre système d’assurance sociale fait face à une multitude d’idées de réforme à sens unique : affaiblir le 2e pilier et renforcer le 1er pilier.
Continuez à lireLa prévoyance professionnelle a un nouveau thème fétiche: l'augmentation des versements en capital à la retraite. Un coup d'œil sur les statistiques des nouvelles rentes fait en effet dresser l'oreille, car rien qu'entre 2015 et 2022, la somme des retraits annuels en capital est passée de 5.4 à 11.5 mias de francs. Et c’est sans compter les versements de prestations de libre passage qui, de toute façon, ne peuvent pas être convertis en rentes. Il serait faux de ne vouloir attribuer cette évolution qu’à une crise de confiance dans la LPP. Une partie de la critique n'est toutefois pas dénuée de fondement, comme l'illustre une recherche de pistes en quatre thèses.
Il est certes exact que la baisse des taux de conversion incite plutôt les assurés à retirer leur capital. Mais d'autres effets sont plus importants, tels que la «démocratisation» des marchés financiers. Par rapport au passé, il est plus facile de se constituer un portefeuille privé adapté avec un courtier en ligne et plusieurs Exchange Trades Funds (ETF). En outre, plusieurs caisses confirment que les taux de retrait de capitaux sont fortement liés à la migration. On peut donc en conclure que ces assurés acquièrent par exemple un logement dans leur pays d'origine et vivent ensuite de leur rente AVS. La liste pourrait s'allonger.
Toutefois - et on ne saurait trop insister sur ce point - la prévoyance professionnelle est une assurance sociale. Outre les prestations de risque, sa tâche principale consiste à assurer la sécurité financière dans la vieillesse. Et cela passe en premier lieu par le versement de rentes. Néanmoins, il existe des raisons légitimes pour un retrait en capital. Si cependant les retraits deviennent trop importants, la question de la raison d'être surgit rapidement: un 2e pilier financé par capitalisation, qui incite les assurés à épargner pour leur retraite en bénéficiant de privilèges fiscaux, doit se distinguer de la prévoyance individuelle. La rente doit donc figurer au premier plan.
La priorité clairement donnée à la rente ne doit toutefois pas conduire à ce que les retraits en capital ne soient pas considérés comme des prestations du 2e pilier. Ceux qui s'inquiètent de la baisse moyenne des nouvelles rentes de vieillesse doivent donc être conscients que cela s'explique en partie par l'augmentation du taux de retrait du capital. L'argent retiré sous forme de capital n'est évidemment pas disponible pour une rente de la CP. Il n'en reste pas moins qu'il s'agit de prestations équivalentes de la prévoyance professionnelle, qui ne doivent pas être sous-estimées.
Il est presque certain que les pages d'annonces aguichantes de banques et d'assurances dans les journaux, avec des conseils et des recommandations sur le retrait du capital, ont également joué un rôle. Personne ne contestera que les assurés qui se font conseiller en matière de planification financière prennent leur décision unique entre rente et capital de manière plus réfléchie et en disposant de plus d'informations. Mais si le conseiller s'empresse de proposer immédiatement un mandat de gestion de fortune pour le capital retiré, on peut au moins se demander si l'option de la rente est bien présentée avec tous ses avantages. C'est là que les caisses de pensions entrent en jeu: en tant que gardiennes de la prévoyance vieillesse de leurs destinataires, elles ne doivent pas les mettre sous tutelle, mais elles ne doivent pas non plus mettre leur lumière sous le boisseau.
Notre système d’assurance sociale fait face à une multitude d’idées de réforme à sens unique : affaiblir le 2e pilier et renforcer le 1er pilier.
Continuez à lireLa guerre en Iran a montré, sur le plan géopolitique, à quelle vitesse les risques peuvent évoluer. Les caisses de retraite doivent elles aussi se pencher régulièrement sur différents scénarios de risque et garder à l’œil les risques imprévus. Il existe des outils éprouvés pour les aider dans cette tâche.
Continuez à lireDepuis l’introduction de la prévoyance professionnelle obligatoire en 1985, de plus en plus de personnes profitent des prestations du 2e pilier. Mais au-delà de cette couverture toujours plus large, comment ont évolué les prestations?
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